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Sunday, 27 March 2011

Baechler and Le devenir

Very curious about Baechler's take on the becoming in his new book. He starts out talking about three layers of things, the human, the living and the physical - associated with three types (or directions) of science. The three of them, it turns out, are intrinsically historical (the historicity of the last one being a recent development. Therefore, any metaphysics guided by science should look at the becoming and its workings. Did anybody already read the whole book?

Sunday, 20 March 2011

Preserving events

Went to one of the meetings of Badiou's seminar on "Qu'est-ce que c'est changer le monde" last Wednesday at the ENS. The theatre was full, I sat on the corner of the stage. He arrived and apologised for the room so packed and the subsequent lack of proper seats for the audience. (I agreed with Lise Lacoste that it is always interesting to notice how things get started...)

His philosophy of events was made very appealing. He explored a bit the space between the pure being and the worlds - a world being where whatever there is (and ontology is mathematics) gets implemented. He then moved to the Jasmin Intifadas to consider what he calls the Problem Stalin, or how to preserve the political force of a revolutionary event. A million people (in fact less than that) in Tahrir square became Egypt in the streets. Yet it is a small minority if we think in terms of elections. It is, he goes, a dictatorship (of those in the square). Is the run-of-the-mill, business as usual, low intensity democracy the best way to preserve the force of this (dictatorship-like) event? He calls this the problem called Stalin. Surely, it has equivalents wherever truth emerges (not only in politics but also in love, in science and in art). How to keep the force of an event? In a museum? In the wedlock?

How does one preserve the exception? (Events happen where the things are busy being but they are not themselves part of the ontology - this is a way maybe to build a Lévinas-proof philosophy where there is no all-encompassing ontology.) Or, rather, how can we create an order that preserves the elements of a disorder? Perhaps in the case of art, or maybe of love, someone could say that the event is not to be preserved but rather multiplied. One needs more poems, more falling in love, more sculptures made of ice. But the problem in the ontology of politics, I guess, is that legitimacy cannot come from anything by the force of a political event (say, the act of establishing a social contract, or getting together to create a country etc). One could say that democracy is event-free politics. Still, it needs a constitution etc - who votes? Why not les bêtes sauvages? So, for example, the application of any law needs to refer to the legitimating event that made a piece of writing a law.

In any case, this is how the media present the problem of Maghreb, as a Stalin problem: will they create a way to preserve the Intifadas? And most of the media means that the problem is already solved, it is through the usual democratic institutions (and not through what Khadafi describes as a political system without leadership) that a revolutionary event is preserved. The issue seems to be: there is much space for manoeuvre and manipulation when there is an event to be preserved (and this is the Stalin problem, I suppose). I would tend to think that since there is no preserving (of events or of whatever), there could be no (proper) ontology of the politics if it ought to refer to founding events. It's all about distorting: how to bend them, how to interpret them, how to make use of them. But maybe Badiou is somehow implying that it is more of an open problem, maybe there is a way to preserve the force of a political event at least in its liveliness. But then again, how can one have an ontology that preserves the exception to ontology? Maybe then politics is always away from ontology and the latter is no more that a political museum, made of the left overs of politics.

Friday, 11 March 2011

Fragments in Paris 8

This is the first part of the first class of my course in Paris 8 on fragments, to be delivered tomorrow... Hope it goes down well.

1. Ontologie du fragment
Je voulais proposer une attention sur les fragments. Je voulais explorer l’idée d'un monde qui n'est pas fait que de fragments, ou il n'y a pas quelque chose de complet dessous les pièces. Il n'y a pas d'objet primordial cassé ou caché. Il n'y a que des fragments, cet-à-dire, de traces, des vestiges. Une ontologie du fragment ou le fragment n'est pas une pièce d'un puzzle.
La question que je voulais poser c'est peut-être une question sur la composition. Quand on cherche un ordre caché, on débute avec des fragments. Et aussi, quand on fait une œuvre, on la fait fragment par fragment. Voici deux méreologies: celui des fragments comme élément de révélation et celui des fragments comme ingrédient pour la fabrication. Il y a une méréologie ou il s'agit de la découverte des parties dans les fragments et il y a une méréologie ou il s'agit de l'instauration d'un tout travers de fragments. Il y a en tout cas deux éléments à attendre: les fragments et la composition.
La métaphysique au sens classique a pris la tâche de révéler la composition qui se cache derrière les choses. En cette tâche là, elle s’occupe de la première méréologie. C’est différent chez la métaphysique que Kant a proposé, elle doit s’occuper de la manière comme certaines compositions sont nécessaires pour que l’expérience soit possible. C’est la composition de la corrélation entre pensée et monde et voici que la composition ne s’agit pas (seulement) d’une révélation, mais (aussi) d’une instauration. Les fragments ici ne seront plus des donnés prêtes mais des vestiges d’une capacité d’expérience. Ils sont indifférents à ce qu’on a essayé de faire avec eux puisqu’ils sont toujours affectés par la composition.
Mais retournons à la métaphysique au sens classique. Elle s’occupe des révélations, donc des liens nécessaires entre les fragments. La supposition c'est bientôt qu'il y a une composition qui peut se révéler. La réalité elle même est une telle composition: la composition réelle des choses, la vraie articulation entre les components, la réalité comme un montage qui est déjà faite. La réalité est conçue comme une pièce déjà écrite, et donc comme un projet achevé.
Cette composition qui se place au dessous des choses peut-être une finalité, un ordre général, un arché primordial. Mais on la trouve aussi dans tout ce qui se présente comme achevé: le projet réalisé est aussi un projet. Ainsi, il y a plusieurs apparitions de l'idée d'une composition caché en métaphysique.
Un exemple qui je trouve important: les relations de coprésence – comme celui la entre les différent propriétés qui forment l'objet. Les partisans de l’idée que les objets ne sont que des fardeaux, des paquets de propriétés le comprennent comme une composition déjà achevé. Le même pour ceux qui pensent qui sont les tropes qui forment une entité concrète par une composition de particularités abstraites. Encore, l’entité concrète est déjà achevée. Et on voit ça aussi chez ceux qui pensent que les propriétés sont des compositions des objets particuliers – tous concrètes. On pense à la composition comme faite, comme achevé, comme une articulation qui est déjà faite, déjà accompli.
La question de la composition nous rend vite à la question de l’achèvement. On peut voir la composition comme une révélation de ce qui est faite et on peut la voir comme une instauration. Hume pensait qu’on ajoute a la première création des fragments une deuxième création qui c’est la composition. On fait quelque chose sur les fragments – la composition n’est pas achevé.
On sent déjà qu'on a deux modes d'existence: disons, celle des fragments et celle des compositions. Les fragments existent d'une manière qu'ils sont présenté; comme pistes ou comme ingrédients, il sont là, ils ont une certaine appartenance aux apparences. Les fragments ont l'air de ce qui est déjà achevé, comme des choses trouvés, qui on reçoit et qui on avait accueilli. Les compositions, par contre, sont déjà un produit d'une certaine activité, d'une certaine production – elles sont des déterminations. Elles résultent d'un effort de connecter, de faire des liaisons, de mettre en relation, d'ajouter, de manipuler, de mettre en mouvement. Deux modes d'existence différents et ça peut-être veut dire deux manières de traitement: ceux qu'on traite comme fragment et ceux qu'on traite comme composition. On a un traitement pour les noms et on a un traitement pour une phrase. On peu penser aussi aux choses et aux faits ou même aux objets et leurs prédications. Il me semble évident qu’il n'est pas question de dire comment la composition peut-être réduite aux fragments ni même qu'il faudra un tribunal ontologique pour décider s'il y existe de compositions (ou de fragments) au delà des fragments (ou de composition), mais simplement de dire que les deux choses existent des manières différentes.
Etienne Souriau a bien exploré l'idée que l'existence admet différents modes. C'est une idée qui était présent chez Aristote, par exemple, quand il a pensé à l'existence en acte comme différent de l'existence en puissance. Exister n'est pas une seule propriété qui s'applique à différents choses, mais c'est bientôt des choses différentes appliquées à choses différentes. Exister est en soi même fragmentaire – l'ensemble de ce qui existe n'est pas l'ensemble de ce qui a une chose en commune, mais plutôt comme les choses qui sont là, disons, qui se traversent dans les rues. Souriau propose un pluralisme existentiel qui pose la multiplicité des modes d'existence et qui peut se concilier avec un monisme ontique (il n'y a qu'une seule chose qui existe de plusieurs manières) et avec un pluralisme ontique (il y a beaucoup de choses et, disons, chaque chose a sa manière d'exister).
On peut déjà penser au pluralisme existentiel de Souriau comme une existence fragmenté. Il n'y a pas une composition achevé du tout ce qui existe puisque exister est multivoque et les différents modes d'exister peuvent être composé de différents façons. On retournera à ça. Pour l'instant, je voudrais plutôt me retenir dans les différents modes d'existence du fragment et de la composition. Deux modes d'existence qui cohabitent par tout.
Je vais me remettre aux différents modes d'existence qui Souriau lui même s'occupe. Il y en a trois qui m'intéressent. Le mode d'existence du phénomène, le mode d'existence de la chose et le mode d'existence de œuvre a faire.
Sur le phénomène, Souriau écrit qu'«il est présence... Telle est la générosité du phénomène.» (p. 113-114). La générosité de ce qui ce donné a être un ingrédient. Le phénomène est pour moi comme le fragment, pas comme un donné de la sensibilité (humaine) mais plutôt comme des parties du monde, les fragments sont les phénomènes ontologiques. La chose, par contre, est composée par des phénomènes. Elle a une certaine stabilité par rapport aux phénomènes (et, je le souligne, elle a une stabilité qui les fragments n'ont pas). Ici le problème est la coprésence, le lien qui assemble les phénomènes. [Excursus sur trois manières de voir le lien: comme une composition (bundle theory), comme un substractum et comme un quale spécial, comme chez Whitehead – en ce cas la, il y a un fragment dominant, le phénomène reïque.]
Le phénomène et la chose disent de la différence qui m'intérêt entre fragments et composition. Si la chose est stable, les phénomènes sont son point d'appui. Mais la chose est déjà une composition. Et elle dépend des phénomènes pour la maintenir. C'est déjà une alliance entre ceux qui font les choses (le substractum ou le quale reïque ou l'instauration travers une relation de coprésence). Dans ces termes ci, l'instauration des choses c'est la composition, et c'est ce qui m'intérêt. On peut alors dire qu'il y a deux pôles, le pôle des choses et le pôle de ce qui n'est pas encore composé et stabilisé le suffisant pour être une chose. Oui, les choses sont aussi données comme phénomènes – comme les choses composées existent aussi comme fragment, si quelqu'un les traite comme fragment. Ce n’est pas le dualisme existentiel entre choses e phénomènes qui m'intérêt puisqu'il y a beaucoup des choses entre eux, mais surtout le procès qu'on peut appeler de chosification, le procès de composition. Et ici nous avons un mode d'existence qui est avant la composition et un autre qui est après la composition. La chose s'est ce qui a été chosifié.
Souriau est aussi le métaphysicien de l'instauration. Pour lui, qui fait la métaphysique a partir de la production esthétique, instaurer une chose (a partir des phénomènes) a beaucoup de périls. Il parle d'un autre mode d'existence, le mode d'existence de l'œuvre à faire. Il parle de l'œuvre à faire comme un mode d’existence qui produit pas un projet puisqu’elle ne « dit jamais : voila ce que je suis, voila ce que je dois être, modèle que tu n’as qu’à copier. » (p. 208). Elle appelle l’instaurateur avec des questions. En fait, elle se justifie parce qu’elle fait de pression sur l’œuvre faite, elle perturbe l’instaurateur et c’est elle qui lui fait travailler. Comme la chose, la chose à faire dont l’existence fait pression sur ceux qui ont besoin d’elle. Aussi, le trajet appartiens a l’ontologie de l’instauration et celui la peut-être toujours perturbé (dans son trajet). Souriau pense que rien n’est achevé, tout est en trajet, il y a un inachèvement existentiel par tout. Il y a une certaine ouverture de toutes choses, puisque la composition peut toujours être recompose (et les choses peut toujours être traité comme des fragments). La composition ne s’achève pas ; c’est comme ce que Armstrong a dit sur le monde ou il n’y a que de puissances : on fait toujours les valises, on voyage jamais (always packing, never travelling). Peut-être voyager et faire les valises sont différents modes d’existence.
La thèse de l’inachèvement de tout c’est aussi la thèse sur les fragments – elle dit qu’ils sont par tout. La composition ne cesse pas parce qu’il y a par tout des instaurateurs. Des instaurateurs sont des composeurs, sur le trajet il y a de chercheurs de fragments. Contre la métaphysique du puzzle – ou la composition est achevé et caché – l’image des plusieurs instaurateurs c’est l’image d’une certaine métaphysique du mosaïque.
On peu dire, pas forcement avec Souriau, que le trajet s’oppose au projet. Pour la réalisation d’un projet, quoi qu’il soit, on a besoin de parcourir un trajet dans un espace qui traverse des trajets des autres projets. Ça nous mène aux deux plans de Deleuze et Guattari, lesquels je voulais qu’on puisse appeler le plan des projets et le plan des trajets. Le premier c’est le plan au sens même de projet, le plan au sens de planification. Deleuze et Guattari du plan comme « principe caché … un plan de transcendance. » (p. 325). Le plan d’organisation est ou se trouve les compositions cachés, ou les fragments sont une partie d’une chose souterraine qui se manifeste travers ces fragments. Et puis, il y a un autre plan, un plan qui je veux comprendre comme l’espace commune ou les projets sont exécutés, puisque c’est « un plan de consistance ou de composition … temps et vitesse » (p. 326). J’aime penser au plan de consistance comme la rue ou les projets se traverse, c’est la rue métaphysique. Tous les projets doivent se trouver là bas. Les choses doivent employer les fragments, et les fragments ils sont à la rue. C’est le plan des fragments – le plan des hécceités. Et c’est le plan de composition puisque c’est là bas qui les fragments sont composés en mosaïques. Tous les plans (projets) cachés doivent être exécutés ici. Le plan de composition c’est la scène ou tous les pièces doivent se présenter.
Et maintenant je peux annoncer une dimension de l’ontologie du fragment : elle postule qu’il y a un plan d’immanence. C’est-à-dire, il n’y a pas un projet central ou les fragments sont des parties d’une composition achevée. Autrement dit : il y a plus qu’un projet qui cohabite le plan des trajets. Et alors il y a plus qu’un instaurateur et ainsi l’instauration n’est jamais achevée.

Monday, 7 March 2011

Post Humanist Politics at the Really Free School

Last Friday I talked a bit about post-humanist politics at the really really free school. Discussion was rather good afterwards as it normally is. Debra Shaw insisted that a post-humanist focus on machines rather than animals (my primary focus, as it were) would take us in very different directions. I was surprised that the Anerkennung tradition got mentioned and linked to revolution. And, of course, when we start talking about (mutual) recognition it is difficult to step outside the humanist tracks.

I should have insisted more in the idea that there is no ready-made humanity. I did that only by considering humanism a form of identity politics, and presenting some criticism of the way some of those identity politics are pressed (like identity is given by nature or it is an effect of the way our enemies treat us). Should have brought up more of my dearest Lucia Garrido, my anti-humanist alter-ego...

(Maybe more on her soon in the blog)

Things like countries

One way to develop further Souriau's idea of 'instaurer' is to think that things are more like countries than like babies. We shouldn't look so much for parents and gods but rather for diplomats, warriors and cartographers. Countries are often redrawn in the map, new countries emerge from existing ones etc. I always think that there should be a connection between the Kripkean idea that the reference of proper names relate to their name-giving act and Souriau's ontology of instauration (bringing about). If we consider things (and people, and places and whatever can bear proper names - or even beyond that limitation) in the way maps portray countries, we don't appeal much to descriptions to fix the reference (only to descriptions of the sort 'east of' etc). I grant that reference fixing without description is one strategy to bring about things, among others. But it is an interesting one. Once something is brought about, then it can be put to all sort of different uses and therefore be described in many ways. The fact that bringing about is often independent of the use we now give to something is what may somehow give the impression that the ultimate bringing about act was a creation ex nihilo

Tuesday, 1 March 2011

Becoming matter

When I think about pure potentiality, an image that comes to my head is money. Enough to think about Rodrigo Triana's 2006 flick, "Soñar no cuesta nada". A bunch of soldiers uncover packets and packets of cash and that was a trigger for many dreams. Dreams are departures from the existing, they are believable because they are possible - potentially existing. In any case, money incarnate potentiality that didn't turn into anything yet. (The actualist, by the way, could have problems understanding the value of money as such.)

The idea of matter is that of something that has no more than a one dimension limitation: that of its quantity. Matter is supposed to be independent from any form as form is the intellect that shapes it. (Venkatachalapaty remarked last week on my Madras talk on tantric ontology that potentiality would also needs a guiding intellect, therefore something to shape it; otherwise, it lacks any quality). Surely one can find things common to the mobile phone by my side and the potato I'm eating - for instance, electrons. They can even be responsible for some of the dispositional properties matter display; that is, material things qua material things. However, this would not entail that matter is the ultimate repository of both potentiality and passivity as by itself it doesn't act. In fact, the idea that something holds a pure potentiality - as much as the idea that something is purely contingent and therefore independent on anything else - is a bad starting point for a metaphysics. Matters, as Jane Bennett would put, vibrate, tremble, have capacities, lack resources, make alliances and enjoy their particular matrix of speed. There is no such thing as the servant waiting for orders. Matter is a product of a fascist metaphysical imagination, as I once put (in E&E).

Materiality has all sorts of implications and the idea is probably deeply entrenched in current western thought. (It's sexuality has been debunked by Butler when she points out how the idea of matter is also hostage to a specific sexuality - in the first chapter of "Bodies that Matter". Guided by some Irigarayan intuitions, she links it to the erotics of domination.) Matter has also its economics. Today I thought matter not being readily available, someone had to somehow invent it: the erotics of money. Money is the best approximation of matter. In fact, when we think of things made of matter, we think in terms of investment. Money comes in from one source and then somebody does something with that raw material (the wealth that carries no smell). That's the economic result of our ontological (materialist) imagination: wealth should be understood as having no form, it is pure flux, has no shape, no bound, no boundaries, no territory. Money is always flirting with virtuality. That's maybe the economics of materialism: the economics of the money buying everything because there is a common denominator to everything. That's why the ultimate possession one has is money (and capital). And the usual substrata posited for things lie in their material constitution.

Capital, ever flowing and rarely getting stuck, goes around with its becoming matter. Of course, it doesn't buy the hunger of a wild animal. But it buys a fence to keep it off.

It could be useful to fully imagine the world without matter.